Théorie de la citoyenneté mondiale

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Pourquoi pouvons-nous choisir nos gouvernants, mais avons-nous si peu de liberté pour choisir notre communauté politique ?

Que propose cette théorie ?

Une communauté politique ne se contente pas de réunir des personnes dans un lieu. Ses institutions établissent des lois, assurent le fonctionnement des écoles et des services publics, et prennent des décisions qui touchent notre vie quotidienne.

La théorie de la citoyenneté mondiale demande dans quelle mesure nous pouvons choisir notre relation avec cette communauté. La naissance et la nationalité influencent encore fortement les lieux où nous pouvons vivre et participer à égalité à la vie politique. La proposition consiste à élargir la liberté politique : nous gouverner ensemble là où nous vivons et disposer d’une possibilité réelle de choisir une autre communauté à laquelle appartenir.

Deux dimensions de la liberté politique

La démocratie de la main (Hand Democracy) désigne la capacité des résidents à gouverner la communauté dans laquelle ils vivent. Elle comprend le choix des représentants, le débat, l’organisation collective, la protestation et la participation à l’élaboration, à la contestation et à la modification des règles communes. Pouvoir se plaindre auprès d’une autorité ne suffit pas si les personnes n’ont aucun moyen de peser sur ses décisions.

La démocratie des pieds (Foot Democracy) désigne la liberté individuelle de choisir une communauté politique. Elle exige de pouvoir quitter une communauté, entrer dans une autre, y construire sa vie et suivre une voie vers une appartenance politique égale et garantie.

Ces deux libertés sont nécessaires. Un gouvernement ne peut pas répondre à une injustice en disant simplement : « Si cela ne vous plaît pas, partez. » Rester ne signifie pas non plus accepter toutes ses décisions. La liberté de choisir comprend la liberté de rester, d’exprimer son désaccord et de chercher à changer les choses.

Entrer ne suffit pas : vivre et appartenir

Imaginez une personne qui arrive dans un autre pays pour étudier. Elle peut entrer, mais devra peut-être repartir à la fin de ses études. Une autre personne peut y travailler pendant des années sans pouvoir participer aux décisions politiques qui régissent sa vie.

Visiter, résider et devenir membre à part entière d’une communauté politique sont des situations différentes. L’Entrée réelle (Meaningful Entry) est une voie légale susceptible de conduire à une résidence ordinaire et suffisamment stable. Franchir une frontière en tant que touriste n’offre pas, à lui seul, cette possibilité.

La proposition vise à protéger cette possibilité par des règles claires, une obligation de motiver les refus et une voie de recours pour les contester.

La résidence durable devrait constituer le fondement principal de l’appartenance politique ordinaire. Cela ne signifie pas que tout visiteur acquiert immédiatement tous les droits politiques. Cela signifie qu’une personne qui a construit sa vie sous certaines lois a besoin d’une voie crédible pour participer à leur élaboration, en tant que membre à égalité avec les autres.

Trois principes orientent la proposition. La Souveraineté des résidents pose la question de savoir qui devrait gouverner là où les personnes vivent. L’Égalité des résidents exige que les membres à part entière ne soient pas placés à un rang civique inférieur du seul fait de leur nationalité. La Garantie de l’appartenance politique protège la stabilité de ce statut.

Dans le modèle stable proposé, le fait de conserver une nationalité étrangère ne devrait plus permettre d’expulser un membre à part entière au titre du droit ordinaire de l’immigration. Cette garantie ne l’exempte pas du droit pénal et n’interdit pas une extradition légale fondée sur une procédure pénale distincte.

Le manque d’argent, les responsabilités familiales ou la santé peuvent aussi rendre un départ difficile. Les possibilités doivent être utilisables dans la pratique. Les personnes qui ne peuvent pas partir ou qui préfèrent rester ont elles aussi besoin de droits et de protection.

Changer les règles de l’appartenance politique

La Révolution des citoyens du monde est la transformation par laquelle l’appartenance politique passe d’une relation largement attribuée par la naissance à une relation plus ouverte au choix individuel. Le mot « révolution » désigne la profondeur du changement ; il n’exige ni violence ni effondrement des institutions publiques.

La Société des citoyens du monde est l’ordre institutionnel qui soutiendrait cette liberté. Les communautés conserveraient leur autogouvernement et coopéreraient pour protéger les droits, maintenir les services et régler leurs différends. La proposition n’exige pas un gouvernement mondial unique.

Ces changements ne se produiraient pas automatiquement. Les personnes doivent s’organiser, conquérir des droits, les inscrire dans les institutions, les protéger, résister aux reculs et les élargir. Les lois et les tribunaux sont des instruments indispensables ; ils ne remplacent pas l’action des personnes concernées.

L’entrée n’est pas non plus envisagée comme une admission illimitée. Les restrictions doivent être justifiées, proportionnées au problème qu’elles cherchent à résoudre et susceptibles de réexamen. La transition doit tenir compte du logement, des services et de la capacité des institutions, sans transformer des limites temporaires en exclusion permanente. Il s’agit de propositions sur la manière dont les institutions devraient être organisées, et non d’une description de droits déjà garantis partout.

Le livre en français

Couverture de Théorie de la citoyenneté mondiale, de Toshiyuki Nishimura, montrant des élèves dans une salle de classe ensoleillée.

Théorie de la citoyenneté mondiale, de Toshiyuki Nishimura, présente ces questions à des lecteurs sans formation spécialisée. Le livre en explore les fondements historiques, examine les institutions qui pourraient rendre cette liberté possible et aborde les difficultés et les objections qu’elle soulève.

Il propose une entrée dans le raisonnement développé plus largement dans The World Citizen Revolution et The World Citizen Society (en anglais). Il peut se lire sans avoir lu ces deux ouvrages.

À propos de l’auteur

Toshiyuki Nishimura est un auteur indépendant. Il a commencé à s’interroger sur la liberté, l’égalité et la paix entre les États à l’adolescence. Ses ouvrages de théorie politique et ses romans explorent la manière dont les règles de l’appartenance politique façonnent les possibilités et les choix des personnes. Ce livre a été écrit en pensant au jeune lecteur qu’il était, qui cherchait des réponses sans connaissances spécialisées.

Pour poursuivre la lecture

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